vendredi, 09 March 2018 16:37

Trump avant/après : qu’est-ce qui a changé pour les investisseurs francophones ?

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L’élection de Donald Trump a fait couler beaucoup d’encre aux quatre coins du monde et il n’est pas rare que le président Américain fasse les gros titres. Sur le sol américain, de nombreux investisseurs francophones se sont interrogés sur les répercussions de cette élection et ceux qui n’ont pas encore passé le cap ont également des questions. Pour essayer d’y voir un peu plus clair, nous sommes allés à la rencontre de Maud Poudat, une avocate francophone basée à Boston et à Orlando qui est spécialisée en immigration.

Habiter aux USA :  Avant et après Trump : qu’est-ce qui a changé dans la pratique ? Les lois ont-elles fondamentalement changé ?

Maud Poudat : Certains textes de lois ont changé dans le sens où Donald Trump a mis en place des décrets exécutifs. Pour les francophones, dans la loi, rien n’a changé. Mais cela dit, dans la pratique, cela va se traduire par un durcissement des critères. 
Les officiers consulaires s’avèrent également être bien moins flexibles qu’ils ne l’étaient avant. Par exemple, pour les demandeurs de visas investisseurs, la langue n’était auparavant pas un « critère » appliqué. Il n’était pas nécessaire de parler couramment anglais pour gérer une entreprise. Aujourd’hui par contre, l’anglais parlé est devenu un critère. Maintenant, nous conseillons aux clients d’avoir un minimum de connaissances de l’anglais avant de s’investir dans un procédé de visa E2.

Habiter aux USA : Cela n’était pas le cas avant ?

Maud Poudat : Auparavant, les clients qui parlaient un anglais basique, ça passait. On en a eu pas mal mais aujourd’hui, nous sommes obligés d’informer nos clients qu’il est utile pour les critères d’obtention d’un visa de maîtriser l’anglais parlé dans le secteur de leur activité.
Les États-Unis sont également devenus plus durs en ce qui concerne les compétences. De plus, Président Trump voulait vraiment mettre en place durant sa candidature le concept de «Buy American, Hire American» (comprendre littéralement « acheter américain, embaucher américain »).

Habiter aux USA : Cela est quand même contradictoire car à New York par exemple, dans les restaurants, les employés parlent souvent la langue du restaurant pour que les clients puissent se plonger pleinement dans l’atmosphère des lieux…

Maud Poudat : Dans cette idée, on m’a parlé de personnes qui se sont vu refuser le visa E2 alors qu’ils envisageaient de devenir restaurateurs à New York…

Habiter aux USA : Pensez-vous que la langue est une « excuse » qui est prise car le reste du dossier est trop faible ? Il y a quand même énormément d’Américains qui ont des entreprises en Belgique ou en France et qui ne parlent pas un mot de Français ... Cela montre bien que le principal critère à prendre en compte est une bonne capacité de gestion plutôt qu’une bonne connaissance de la langue …

Maud Poudat : Concrètement, l’administration américaine va mettre en place les directives qu’elle a reçu. Il a été imposé aux officiers consulaires de limiter les demandes et il leur faudra maintenant prendre en compte ce genre de critères afin de prendre une décision.

Habiter aux USA : Est-ce que l’on peut également dire que cela résulte peut-être du fait qu’il y a eu énormément de visas E2 donnés à des gens qui ne les méritaient pas forcément ? Ces personnes auront-elles des problèmes lors de leur renouvellement ?

Maud Poudat : Dans tous les cas, l’administration va regarder au bout de cinq ans les chiffres de l’entreprise. Plus il y aura eu d’engagement et de création d’emplois réels, plus grandes seront les probabilités d’un renouvellement de visa.

Habiter aux USA : Les piliers du visa E2 restent-ils donc les bénéfices de l’entreprise et le fait de générer de l’emploi ?

Maud Poudat : Oui tout à fait. Je dirais, en plus de ça, qu’il faut aussi prendre en compte le montant initial investi dans l’entreprise, puis le salaire que va s’octroyer la personne titulaire du visa. Ces critères sont co dépendants car si l’activité est « marginale », il n’y aura pas beaucoup de bénéfices et donc de ce fait pas beaucoup d’emplois. Néanmoins, le critère du montant de la rémunération a son importance. Prenons un exemple. Si le/la titulaire du visa E2 se rémunère 26 000$ au bout de 5 ans, l’officier pourra se demander comment a donc fait cette personne pour subvenir à ses besoins durant ces 5 ans.

Habiter aux USA : Maintenant est-il encore plus vrai de dire que la préparation du dossier avec un avocat en immigration est une nécessité ?

Maud Poudat : En effet, nous mettons un point d’honneur à la préparation du dossier de chacun de nos clients que nous conseillons et avec qui nous élaborons la meilleur stratégie et attitude à avoir. Chaque dossier est unique et demande une expertise adaptée à la situation personnelle et professionnelle de chacun de nos clients.

 

Merci Maud Poudat.

 

Pour en savoir plus ou contacter Maud Poudat, avocate spécialisée en immigration, n'hésitez pas à consulter la fiche que nous lui avons dédiée sur notre annuaire Habiter aux USA. 

 

Dernière modification le mardi, 13 March 2018 17:05

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